Histoire des santons



Les débuts de l'art chrétien seront funéraires car la loi romaine interdisait la profanation des sépultures. La première représentation de la Vierge à L'Enfant accompagnée d'un prohète montrant une étoile, puis une adoration des mages figurent sur les parois des catacombes dès la seconde moitié du IIe siècle. Elles se multiplièrent à partir du IVe siècle avec l'Edit de Milan et la reconnaissance de l'Eglise comme religion d'état. Elles ornent les mosaïques et les fresques des sanctuaires. On les retrouve aussi sur les bas-reliefs des sarcophages. Une représentation de la Nativité sur un sarcophage paléochrétien est conservée en Arles, une autre à St-Maximin.


La fête de Noël est célébrée à différentes dates de l'année. Elle est mentionnée dès 336 à la date du 25 décembre (au huitième jour des calendes de janvier) dans la Depositio Martyrum, le calendrier romain de la fête des Martyrs. Elle figure définitivement dans le Chronographe en 354, sous le pontificat du Pape Liberius, substituée aux diverses réjouissances païennes qui entouraient le solstice d'hiver.


Dès le XIIe siècle, on trouve de nombreuses représentations sculptées de la Nativité avec l'âne et du buf, le réveil des bergers ou l'adoration des mages. L'Enfant est représenté couché sur un autel ou dans un sarcophage pour préfigurer le sacrifice de la Passion.


Lors de la messe de minuit 1223 ou 1224, François d'Assise (dont la mère était originaire de Tarascon) fait reconstituer une crèche eucharistique avec l'approbation du Souverain Pontife Honorius III. La messe est célébrée sur un autel portatif déposé sur une mangeoire vide. Un âne et un boeuf vivants se trouvent de part et d'autre. Cette pratique associée parfois au théâtre religieux était originale dans cette région d'Italie, mais des drames liturgiques destinés à expliquer les Evangiles au peuple, qui par l'ajout de traits profanes et anecdotiques avaient dérivé en mystères, étaient attestés depuis près de deux siècles dans le Nord de la France. Il n'existe pas de preuve historique que la reconstitution imaginée par François ait été renouvelée.


Une première crèche avec les personnages encore fixés au sol et à la muraille pour consolider un oratoire est connue dès 1289 dans la Basilique de Ste-Marie Majeure qui conserve les reliques de la crèche depuis le VIIe siècle. Une partie de ces statues existe toujours. Par la suite, les représentation se développent dans la péninsule. , elles connaîtront des siècles plus tard avec l'art baroque un retentissement extraordinaire dans les institutions religieuses et les familles patriciennes à Gênes et à Naples. Une crèche, oeuvre des Chartreux de Bompas, aurait existé à Notre-Dame-des-Doms en Avignon sous le pontificat de Jean XXII. Cependant, comme l'a démontré Régis Bertrand, il faut attendre le XVIIe siècle pour voir le culte de L'Enfant Jésus se développer vraiment sous l'impulsion des Oratoriens. Ils font sculpter en 1644 une crèche pour l'église de Mimet près d'Aix. Il en existe aussi une dans la Basilique de St-Maximin.


Au XVIIIe siècle, sous la Révolution française la messe de minuit est interdite , les crèches d'église sont encore loin d'être généralisées en Provence. On a trace avant la tourmente révolutionnaire de crèches réalisées par des particuliers qui les faisaient visiter contre une obole.


Dans les décennies qui précèdent des sujets en mie de pain modelée à chaud, recuite destinés à orner les crèches ou des récits hagiographiques avaient déjà un caractère provençal, mais le matériau peu approprié au moulage nécessitait de longues retouches. Ces compositions montées dans des cadres vitrés étaient très fragiles et coûteuses. Vers 1798, Jean-Louis Lagnel ( Marseille 1764 - 1822), conçut les premiers moules en plâtre pour fabriquer ses santons en argile crue. Cette nouveauté technologique permit une production de série et une plus grande diffusion. Ces "santons d'un sou" offraient enfin à chacun la possibilité de posséder sa propre crèche. L'usage de monter une crèche dans la majorité des foyers se développe rapidement.


Le véritable essor des santons commençe au XIXe siècle, devant le succès croissant les ateliers se multiplient. Les personnages d'argile créés par les premiers santonniers sont empruntés à la vie quotidienne et aux métiers de la rue. Le répertoire s'enrichit avec les personnages des pastorales, jouées par des acteurs et des théâtres ambulants de marionnettes, les crèches parlantes.


Marseille, devenue capitale santonnière se mit à organiser des foires devenues annuelles. Parmi les principales étapes, on notera :


  • en 1803, la 1ère Foire de Noël aux Santons et aux Crèches, se déroula sur le cours Belsunce,
  • en 1808 la première vente de santons sur le cours Saint-Louis,
  • en 1853, la foire se tient boulevard du Muy,
  • en 1883, elle s'installe aux allées Meilhan,
  • depuis 1897, la foire est devenue annuelle,

De nos jours elle se tient en décembre, sur la Canebière. La 200ème édition a été fêtée en 2003.



Merci au portail Provençal René 84 ainsi qu'à Monsieur Michel Vincent pour cet historique.



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